P001 → Immerger la perte
Depuis la Menstruation Bathroom (1971-1972) de Judy Chicago rien n’a beaucoup changé en ce qui a trait au rapport entretenu entre les fluides vaginaux et la société occidentale. Quoique quelques avancées scientifiques (l’ampleur du clitoris et ses plaisirs, les nombreux effets secondaires liés à la consommation de la pilule contraceptive ou les maux inimaginables provoqués par les cas d'endométrioses) ont permis la création de nouveaux imaginaires, la conversation peine encore à s'alimenter. Immerger la perte est un projet documentaire représentant un vécu à la fois singulier et particulièrement commun. De manière statique, oniriquo-réaliste et un peu théâtrale, la série de peinture présente des gestes banals (microperformaces insignifiantes), mais qui, dans une société patriarcale, inspirent le dégoût. Ce sont pourtant le lieu de vécus similaires pour de nombreuses personnes. Immerger la perte se veut une manière d’ouvrir le discours à l’aide d’images à la fois réconfortantes et satiriques du dégoût que nous inspirent les sécrétions des corps. Par ce détournement, il agit comme une incursion franche non seulement sur les gestes qui me constituent, mais sur ceux expérimentés par un ensemble corporel.